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Regarder les emm... de très près




Cette session avec Julie (fake name, vraie cheffe d'entreprise) n'est vraiment pas légère.

Il y a une angoisse diffuse, un mal être et de la culpabilité qui se traduisent par un recours excessif à la nourriture depuis quelques semaines. Ça, c'est ce qu'elle fait, et c'est de ça qu'elle veut discuter. Ok.

Be with discomfort

Quand mange-t-elle, que mange-t-elle, pourquoi mange-t-elle, pour quoi mange-t-elle?

et aussi, qu'est-ce qu'elle ne fait pas, quand elle mange? qu'est-ce qu'elle évite de regarder en face? qu'est-ce qu'il y a d'autre, autour du snacking intempestif?... elle reste pensive, un bon signe généralement en session de travail.

Allons-y, plongeons-y, dans la colle des soucis. Il y a toujours mieux et plus urgent à faire, semble-t-il; pourtant c'est extrêmement utile voire salvateur de s'arrêter sur la gêne, alors même que tout fonctionne encore, et que justement ce n'est qu'une gêne, un inconfort. On pourrait passer outre. Chiche?

Nan.

-Les 25 000 euros de décalage entre le devis de son entrepreneur pour les nouveaux locaux et les factures réelles qui tombent

-Le flou artistique sur la question de savoir si ledit entrepreneur acceptera bien de se faire payer avec un long délai, discuté à l'oral il y a trop longtemps

-La production à l'arrêt et la motivation des opérationnels en berne

-La gêne entre Julie et ses deux associés lorsque la question financière autour de ces travaux est évoquée (ou ne l'est pas justement)

-L'impression d'avoir les pieds dans la glue et la balance qui s'affole le matin

-Les saboteurs qui s'incrustent plus que jamais, "suis-je vraiment à ma ma place? " "je vais dans le mur" "ils me font confiance et moi je rate je rate je rate... "

Name it to tame it!

Mettre la loupe juste sur les ennuis et se complaire un bon moment dans leur observation... C'est un peu du sadomasochisme et pourtant c'est un moyen efficace de travailler la charge mentale et de se remettre en action.

Concrètement, on fait comment?

On prend son courage à quatre mains, et on explore sans concession le coeur du réacteur du stress. On prend son temps, et on pèle son oignon. Ça pique les yeux parfois. On va jusqu'à répondre à la question du pire, c'est quoi le pire qui puisse arriver? et pire que ça, c'est quoi?

Il m'est arrivé de conduire des sessions en équipe et de construire un mur des soucis, à coup de post-its rédigés individuellement et anonymes: chacun y nomme de ses peurs, flips, angoisses, voies sans issues, sentiment d'impuissance, victimisation pourquoi pas etc... On colle, on lit, on s'étonne de voir ce qui est partagé, ce qui ne l'est pas. On regarde en face le poids et on en parle. Le simple fait de nommer les choses participe à un allègement et à une reprise de contrôle collective.

Chez Julie, on découvre que ce ne sont ni les kilos, ni même les travaux qui pèsent tant, mais bien la question de l'avenir de la croissance de l'entreprise: la pérennisation d'un emploi, déjà dans la boite, qu'elle trouve extra et que son associée trouve ultra moyen, et l'embauche d'une nouvelle personne pour faire face aux demandes croissantes des clients (bonne nouvelle, bon stress aussi, classique).

Action and clarity

Deux semaines plus tard, Julie va mieux (elle a d'autre sujets néanmoins, mais ce sera pour un autre post:)

"Je savais que j'avais un problème mais il était caché derrière un brouillard! J'ai beaucoup travaillé, j'ai fait un plan de trésorerie que je repoussais depuis longtemps, chiffré mon besoin en capital pour 12 mois, discuté-vérité avec mes associés, et mis mes employés dans la boucle".

Action et clarté sont les résultats de cette session très inconfortable. Julie n'a pas pour autant trouvé les sous ni reperdu ses kilos... mais elle a gagné un gameplan clair et une autre légèreté:-)

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